PEINTURES

2011
Nail laquer on aluminium, on white metal box
17.7 x 13.8 x 5.9 in / 45 x 35 x 15 cm

Variations biographiques

...« En réduisant la pratique picturale à une succession de choix opérés par le peintre, gestes et couleurs, Marcel Duchamp justifiait magistralement le bien-fondé conceptuel de sa propre pratique du readymade, laquelle reposait sur un choix plus radical et donc plus intéressant – celui d’un objet parmi d’autres. Nicole Hassler, quant à elle, choisira d’associer, plutôt que d’opposer, peinture et readymade: elle conserverait le geste et la couleur du peintre mais aussi l’objet, sous la forme d’un produit spécifique fourni par l’industrie (cosmétique), dont l’avantage est de tenir lieu également de couleur. Un choix décisif qui, d’une part, tend à assimiler la pratique picturale tout entière à une simple procédure de recouvrement, et revient surtout, d’autre part, à lui indexer de nombreuses pratiques impures potentielles parmi lesquelles, entre toutes, les soins cosmétiques. Restait à négocier la délicate question du tableau lui-même, dont on sait depuis les constructivistes qu’il est à la fois un espace symbolique et un objet. En délaissant la toile au profit de la plaque d’aluminium alvéolé, Nicole Hassler fait un pas supplémentaire vers la distanciation. Ses œuvres, certes, resteront des tableaux plutôt que des objets spécifiques (au sens de Donald Judd), parce qu’elle a choisi de conserver le jeu des rapports intérieurs et extérieurs entre l’œuvre et le support mural. Cependant, elles s’apparenteront également, dans une certaine mesure, à des « readymades augmentés »...

Gauthier Huber, Variations biographiques pour le Kunst-Bulletin, octobre 2013




By bringing pictorial practice down to artist driven choices of gestures and colours, Marcel Duchamp masterfully justified the conceptual legitimacy of his own practice of the “ready-made” which relied on a more radical, thus more interesting choice. Nicole Hassler, on the other hand, chooses to associate, rather than oppose, painting and “ready-made”: she maintains the gesture and the colour of the artist as well as the object in the form of specific products provided by the industry (cosmetics), having the advantage of the colour being included. A decisive choice which tends to entirely assimilate pictorial practices down to simple recycling procedures and more importantly which indexes several potentially impure practices such as, amongst others, the use of cosmetic products. The delicate question of the actual artwork remained to be solved, as we now know since Constructivism that it represents both a symbolic space and an object. Giving up the canvas for a honeycomb aluminium plaque, Nicole Hassler takes a step further towards detachment.  Her works certainly still are paintings rather than specific objects (in the Donald Judd sense) as she has chosen to keep the interior and exterior interactions between the works themselves and the mural support.  However, they also seem to affiliate up to a point, with enhanced “ready-mades”.

Written by Gauthier Huber, in Kunst-Bulletin oct. 2013. English traduction : Sixtine Crutchfield

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