SERIES OF 100 NAIL POLISH

2001-2007
Series of 100 pieces of nail polish on Aerolam F-Board
32.3 x 98.4 in / 82 x 250 cm, each: 3.9 x 2 in / 10 x 5 cm

„Kunst und Leben sind aber eins, Kunst und Leben sind beide Ausdrucksformen der Wahrheit“. Piet Mondrian

Kosmetika sind Schönheitsmittel. In den Kosmetika steckt das griechische Wort „Kosmos“, das nicht nur „Universum“ bedeutet, sondern auch „Ordnung“ und „Schmuck“. Nicole Hassler macht aus Kosmetika Kunst. Am Anfang ihres künstlerischen Werdegangs standen nachtschwarze Bilder, anthrazitfarbene, graue. Hatte sie damals schon an Schminke gedacht? An mit Kohlestift gezogene Lidstriche, an Wimperntusche oder daran, dass sich die Japanerinnen in früheren Zeiten die Zähne schwarz gefärbt haben? Die monochromen schwarzen Bilder führten jedoch in eine Sackgasse, aus der nur ein Weg zurück ans Tageslicht und hin zur Farbe führen konnte.

Die Einfarbigkeit, ihre Affinität zu einer aufs Minimum geläuterten Kunstform sind geblieben, auch als die Künstlerin ihre Farbpalette radikal änderte und nur mehr Materialien aus der Kosmetikindustrie verwendete. Vorerst ist es Make-up Puder, das sie mit Silikon oder Polyester vermischt auf einen Träger aus Fiberglaswaben aufträgt – Serien von kleinen quadratischen Bildern in verschiedensten rosa-beige-braunen Tönen: „Dior, teint idéal, mat, 805 clair rose“ oder „MAC, fond de teint satiné N2“. Eine gemalte Fläche verwandelt sich in Haut und damit geschieht eigentlich die Umkehrung dessen, was Künstler wie Yves Klein oder Günther Brus an den Happenings der Sechzigerjahre praktizierten, als sie den Körper als Leinwand benutzten. Die Tondi einer Installation aus dem Jahr 2002, „Compact Powder“, tragen Frauennamen. Man könnte sie abstrakte Porträts nennen.

Daneben entstehen die ersten Arbeiten mit Nagellack, frech und bunt, 10 cm x 5 cm, auf einem knapp 3cm dicken Bildträger, mehr Objekt als Gemälde. Meistens in Serien, manchmal einzeln in einer durchsichtigen, verschweissten Plastikverpackung. Kunst im Taschenformat. Während die Oberfläche der Make-up Bilder weich und samten, ja verletzlich erscheint, bildet der Nagellack eine harte, schützende Schicht. Das Spektrum der notabene auf dem Markt erhältlichen Farben ist schier grenzenlos. Allein die Serie „Hot Red NP“, 2004, die in fünf Reihen mit je zwanzig Elementen zu einem mosaikartigen Wandbild zusammengesetzt wurde, besteht aus hundert verschiedenen Rottönen. Es gibt matte und glänzende Lacke, fluoreszierende und phosphoreszierende, mit Pailletten durchsetzte, perlmutterne.

Das Video „Otage“ (2004) zeigt eine Frau, die sich die Fingernägel lackiert. Ruhig und konzentriert - die kleinste Unachtsamkeit oder eine falsche Bewegung und schon ist alles verpfuscht. Die Szene wird von Auszügen aus einer Nachrichtensendung des Fernsehens über den glimpflichen Ausgang einer Flugzeugentführung unterbrochen. Unter den befreiten Geiseln befindet sich eine junge Frau mit Kopftuch, Nicole Hassler. Das Ereignis liegt lange zurück und dennoch wirken die bedächtigen Gesten der Hände wie eine Beschwörung, wie ein Ritual zur Bewältigung der Vergangenheit. Malen heisst auch sich Erinnern; Werktitel wie „Berlin NP“, „Barcelona NP“ oder „Glow in the Dark, London“ verweisen auf Aufenthalte in fremden Städten, wo man, immer auf der Suche nach neuen Produkten, die zierlichen, mit den wertvollen Farben gefüllten Fläschchen gekauft hatte.

In jüngster Zeit sind neue Formate hinzugekommen. In der Reihe der „Ocean Nail Polish Paintings“ (2007) werden zum ersten Mal in den frischen blau-grün-grauen Farben des Meeres bemalte Rechtecke in verschiedenen Grössen zusammengefügt. Die Strenge der horizontal-vertikalen Struktur früherer Serien wird zugunsten eines rhythmischeren Ordnungsprinzips gemildert. Sowohl die grossen Kompositionen, die aus sechsundzwanzig, in lockeren Abständen gehängten Farbfeldern bestehen, wie die kleinen, mit wenigen nahtlos verbundenen Teilen, bilden jeweils wiederum ein Rechteck und lassen unweigerlich an Werke von Mondrian und der De Stijl-Gruppe denken. Theo van Doesburg hatte 1921 geschrieben: „Malen bedeutet, Farben zu einer Einheit zusammenstellen“. Farben, die bei Nicole Hassler anders als damals sinnlich und expressiv sind. Harmonie gestalten – mit Nagellack und Schminke eben.

Marguerite Menz, April 2007 In catalogue: Nicole Hassler, Espace d’Art Contemporain Fernet-Branca, Saint-Louis, France

« L'art et la vie vont de pair, l'art et la vie sont tous deux des formes d'expression de la vérité ». Piet Mondrian

Cosmétiques et produits de beauté. Le mot cosmétique vient du grec « cosmos » qui ne signifie pas seulement « univers » mais également « ordre » et « parure ». Nicole Hassler transforme les produits cosmétiques en art. Au début de sa carrière artistique, il y avait des tableaux de nuit noire, de couleur anthracite ou gris. Pensait-elle déjà à cette période au maquillage ? Aux traits de crayon à paupières, au mascara ou aux Japonaises qui, autrefois, se laquaient les dents en noir ? Les peintures monochromes de noirs sont toutefois arrivées à un aboutissement, ne permettant que le retour à la lumière du jour et à la couleur.

Tout en conservant son affinité à la monochromie et à une démarche artistique minimale, l’artiste a radicalement changé son nuancier et n'utilise plus que des matériaux provenant de l'industrie cosmétique. Elle a commencé par appliquer un fond de teint, mélangé aux résines de silicone ou d’alkyde sur un support en fibre de verre alvéolée - des séries de peintures carrées - dans différents tons de rose-beige-brun : « Dior, teint idéal, mat, 805 clair rose » ou « MAC, fond de teint satiné N2 ». Une surface peinte se transforme en peau et produit donc l'inverse de ce que des artistes comme Yves Klein ou Günther Brus pratiquaient au happening dans les années soixante, lorsqu'ils se servaient du corps comme support. Les Tondi d'une installation de 2002, « Compact Powder », portent des noms féminins. On peut les qualifier de portraits abstraits.

Parallèlement, on assiste aux premiers travaux utilisant du vernis à ongle, audacieux et colorés, 10 cm x 5 cm sur un support d’environ 3 cm d'épaisseur. Plus objet que tableau, les vernis sont souvent présentés par série, parfois de manière isolée dans un emballage hermétique en plastique transparent. L'art en format de poche. Alors que la surface des tableaux de maquillage semble tendre et veloutée, fragile même, le vernis à ongle forme une couche protectrice dure. La gamme des couleurs, notamment disponible sur le marché, est quasiment illimitée. La série « Hot Red NP », 2004, à elle seule, regroupe cinq rangées constituées de vingt éléments chacune, et forme une peinture unique qui se décline en une centaine de tons de rouge différents. Il existe des vernis mats et brillants, fluorescents et phosphorescents, avec des paillettes ou nacrés.

La vidéo « Otage » (2004) montre une femme qui se vernit les ongles, - calme et concentrée. L’application du vernis serait abîmée par la moindre inattention ou par un mauvais mouvement. La scène est interrompue par des extraits d'un journal télévisé parlant d'une prise d’otages d'un avion au dénouement heureux. Parmi les otages libérés, une jeune femme voilée : Nicole Hassler. Cet événement est daté et pourtant les gestes réfléchis des mains agissent comme une incantation, comme un rituel permettant de surmonter le passé. La mémoire aussi s’inscrit dans son travail ; des titres d'œuvre comme « Berlin NP », « Barcelona NP » ou « Glow in the Dark, London » renvoient aux séjours dans des villes étrangères, toujours à la recherche de nouveaux produits, où les délicats flacons aux couleurs précieuses ont été achetés.

Récemment ont été créés de nouveaux formats. La série « Ocean Nail Polish Paintings » (2007) rassemble pour la première fois, des rectangles peints de différentes tailles dans les couleurs rafraîchissantes de bleu-vert-gris de la mer. L'austérité de la structure horizontale-verticale des séries précédentes est atténuée au bénéfice d'un principe d'ordre plus rythmique. Aussi bien les grandes séries constituées de vingt-six tableaux, que l’assemblage de petits formats, recomposent un rectangle, et font penser inévitablement à des œuvres de Mondrian ou du groupe De Stijl. Theo van Doesburg avait écrit en 1921 : « Peindre signifie, assembler les couleurs en une unité ». Contrairement au passé, les couleurs de Nicole Hassler, – de vernis à ongle et de maquillage –, sont devenues sensuelles et expressives.

Marguerite Menz pour le texte original en allemand. Traduction française : Denis Simon, 2007

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